2018 : Made in Japan

///2018 : Made in Japan

Baignant dans la culture Japonaise depuis notre plus tendre enfance, club Dorothée, mangas, chiponais et compagnie, traverser le globe pour découvrir le pays du Soleil Levant relevait du rêve d’adolescence. Comparse et Comparse en voyage au Japon : un projet longuement désiré et tout autant repoussé jusqu’à cette année. Vingt jours pour découvrir l’archipel Nippon, un périple qui nous mèneras de Tokyo à Osaka. Inutile de préciser l’extraordinaire aventure que fut ce voyage.

Départ et début de l’aventure

Le jour J, mardi 4 septembre, les deux Comparses se retrouvent sur le quai du RER. Leurs boîtes de réception respectives s’agitent : leurs amis les inondent de SMS pour les prévenir qu’un typhon d’une violence historique saccage actuellement le pays. Beaucoup de vols sont annulés mais fort heureusement, les deux amies sont préservées de cette mauvaise surprise.

Si le trajet fut long – un premier vol de 6h et un second de 8h – force est d’admettre que voyager sur la compagnie Emirates rendra ce dernier plus agréable.

A peine avions-nous mis un pied dans le gigantesque A380, qu’Éléonore s’est émerveillée comme une petite fille, surprise par l’escalier de star permettant de rejoindre le second étage de l’avion, les étoiles au plafond scintillant une fois les lumières éteintes et même les toilettes plus soigneusement décorées que dans des hôtels Français.

Éléonore – Il était ouf cet avion, tellement gros que je me suis demandée comment ça pouvait voler. Même l’écran était grand et les films d’une qualité bien plus respectable que ce que j’avais vu jusqu’à présent.

Pauline – A380 + Emirates = Combo

Arrivées à Dubaï, nous décidons de traîner dans l’aéroport, le prochain embarquement débutant à 7h40. Nous flânons dans les boutiques à touriste, nous gaussant des chameaux en strasses et autres djellabas de mauvais goût vendus à des prix exorbitants.
L’amusement laissa vite sa place à l’anxiété. Quand on s’est rendu compte que l’embarquement ne commençait pas à 7h40 mais en fait se terminait à cet horaire, ce fut la grosse panique. On était grave en retard. Pauline a commencé à paniquer, compensant la nonchalance de sa Comparse Éléonore.

Éléonore – Moi j’étais relaxe « Mais t’inquiète Comparse, on est large, ça va le faire, tu stresses tout le temps pour rien (l’hôpital qui se fiche de la charité dans toute sa splendeur.) mais en fait on n’était pas large du tout. Quand j’ai vu « Gate Close » j’ai eu une grosse poussé d’adrénaline.

Heureusement notre avion semblait en retard et quand nous sommes arrivés aux portes de l’embarquement (où il n’y avait plus personne) heureusement ils ont bien voulu nous laisser rentrer.

Éléonore – On a faillis louper notre second vol comme des gourdasses. C’était beau.

Pauline – Buduuuuuu ! Mais c’est quoi ces gens qui font des boarding non 30 min avant décollage. Genre, il ferme 20 min AVANT décollage … nawak.

Il est 22h passé quand l’avion se pose à l’aéroport de Tokyo. Euphoriques d’être enfin arrivées, on s’est précipitées hors de l’appareil. Il ne faudra pas deux secondes avant Éléonore soit interpellée par un panneau d’affichage.

Éléonore – Hey Comparse, regarde il y a nos noms d’écrits

Sur l’affiche sont en effet inscrits quelques noms occidentaux dont les nôtres. Se demandant si on a gagné le gros lot, on est allées se renseigner auprès de la charmante Japonaise patientant aux côtés du panneau. Confuse, l’hôtesse, nous a révélé l’oublie de leurs bagages à Dubaï, le temps du changement trop court ne permettant pas le transfert dans le vol suivant.

Éléonore – Ah ! (qui s’amuse)

Pauline – gné ? (mode soulé) c’est quoi cette excuse moisie en carton ?

Passer la douane prendra quelques temps et communiquer avec les hôtesses pour remplir les documents administratifs des bagages encore plus. Les hôtesses s’excusent et nous informent que leurs bagages n’arriveront que demain soir au Japon, les vols en provenance de Dubaï se résumant à 1 par jour. Elles nous questionnent par la suite sur l’hôtel où nous comptons séjourner dans deux jours, pour la livraison des bagages. Problème en vue.

Pauline – On l’ignorait (j’ai assuré la conversation en anglais) car on n’avait pas encore réservé notre hôtel à Takayama.

Une heure plus tard, les documents sont remplis et les choses relativement claires : la Compagnie se charge de rapatrier les bagages à Tokyo et d’envoyer dès le lendemain matin un mail, pour recevoir en retour, de la part de Pauline, l’adresse de l’hôtel.

Il est désormais minuit et demi. Crasseuses et fatiguées de notre voyage, on doit désormais dénicher notre hôtel. On s’engouffre dans un bus pour débarquer dans les rues désertes de Tokyo. Heureusement, un jeune Japonais (fort charmant) maîtrisant l’anglais nous a aidé à nous orienter.
Comme on empestait pas mal la charogne (après 14h d’avion c’est pas une surprise) on a décidé de faire quelques courses de secours pour acheter de quoi se débarbouiller. Comme les Japonais sont des travailleurs acharnés, il y a des commerces ouverts 24h/24h 7j/7j. Ça nous a sauvé la vie. Après ça il était temps de rejoindre l’auberge de jeunesse.

Éléonore – Il était une heure du mat’. J’étais persuadée que l’hôtel allait être fermé et qu’on allait dormir dehors, genre alignement des astres de la poisse. C’était l’aventure et je trouvais ça cool.

L’hôtel était bel et bien fermé. Fort heureusement, on a croisé une touriste Française qui téléphonait dehors et qui nous a donné le code.
Après moultes remerciements, on est rentré et on a croisé un membre du Staff qui a bien voulu nous faire le checking.
L’auberge de jeunesse propose le logement atypique de capsule pour dormir. Un hébergement que nous testons pour la première fois avec amusement.

Pauline – Dodoooooo, et pas sous les ponnnnts !

Premiers pas et adaptation

Le réveil sonne à peine cinq heures plus tard, marquant nos visages du syndrome de la tête dans le pâté. Il est 7h du matin, le soleil nous accueille dans les rues de Tokyo mais nous en profiterons à peine en nous engouffrant dans le métro. Un beau métro, vaste et propre, où nous errerons à peine quelques secondes, plan à la main, avant d’être immédiatement repérées par le personnel qui s’empresse de venir nous aider.  La gentillesse des Japonais n’est visiblement pas un mythe. A plusieurs reprises, lorsqu’on interpellait des Japonais pour leur demander un renseignement sur une direction à prendre, ces derniers prenaient non seulement le temps de consulter leur téléphone pour identifier l’endroit, mais parfois nous emmenaient carrément là-bas, même au prix de 10 minutes de marche dans une direction opposée à la leur.

Éléonore – T’es perdu, tu demandes de l’aide et les gens t’emmène, j’adore ce pays !

Quelques heures plus tard, nous sommes dans le train direction les Alpes Japonaises. La verdure et les rizières composent maintenant le paysages et les hauts immeubles ont laissé leur place aux bâtisses en bois de la ville de Takayama, ville historique de l’ère Edo. Les rues sont étroites et chargé d’histoire, abritant maintenant des boutiques artisanales ainsi que des sanctuaires. On a pris un immense plaisir à flâner dans cette petite ville.

Au lendemain, les Comparses prennent la direction par bus, de Kamikochi, célèbre vallée des monts Hida. La météo est peu clémente, pour ne pas dire « dégueulasse » et nous sommes heureuses de pouvoir emprunter des parapluies à l’auberge de jeunesse où nous résidons, puisque nos imperméables sont évidemment dans nos bagages, toujours non réceptionnés.

Classée au Patrimoine Naturel du Japon, la vallée forestière de Kamikochi promet de belles promenades le long de la rivière Azuza. Le secteur est très touristique et nous nous étonnons de croiser une foule de randonneurs hardis d’explorer la vallée, malgré les incessantes averses. Nous marchons plusieurs kilomètres sous la pluie, arpentons les beaux chemins balisés à travers la végétation luxuriante, traversons les nombreux ponts au-dessus de la rivière vrombissante, avant de rentrer trempées en ville, en sachant que se changer sera évidemment toujours impossible : oh joie !

Avant de partir, on a testé des petits pains à la viande. C’est le genre de restauration rapide que tu croises un peu partout au Japon, dans les magasins, pour manger sur le pouce. C’était grave bon et a mangé de ces trucs pendant tout le séjour, d’autant qu’en plus ce n’est pas cher.

Le soir on a mangé des ramens chez Toto. D’ailleurs, comme on ne trouvait pas où c’était, on a demandé à la proprio de l’auberge de jeunesse de nous donner l’adresse (alors que c’était dans la rue d’à côté). On est sorti et elle nous a surveillé à la porte, jusqu’à nous rejoindre en trottinant pour nous remettre dans la bonne direction. Décidément, ces Japonais sont trop sympas et nous bien nouilles (sans mauvais jeux de mot).

Raffinement et traditions

Le lendemain, samedi 8 septembre, la pluie ne semble guère vouloir s’arrêter. Il est temps pour nous de quitter Takayama et de se diriger, toujours en bus, vers notre prochaine direction, la région des cinq lacs, Kawaguchiko et le Mont Fuji, renommé affectueusement « Mont Fufu ».

Son sac sur le dos, Éléonore s’assoit pour mettre ses chaussures et, au moment de ses baisser, souffre d’une atroce douleur dans les reins.

Éléonore – Je ne suis pourtant pas une mouillette, mais c’était comme si on venait de mettre un coup de hache dans le bas du dos. J’ai crié comme une gamine.

Complètement bloquée, Éléonore galère à mettre ses chaussures, à se relever et à marcher.

Eléonore – J’avais du mal à me déplacer et à marcher. La douleur était atroce et le trajet en bus. J’ai compris que je m’étais fait un lumbago et que ça craignait pas mal pour la suite du séjour.

Nous séjournerons dans un ryokan au bord du lac Kawaguchi. Dès notre arrivée dans l’hôtel, le personnel est aux petits soins, au point que nous en sommes quelque peu déconcertées. Il faut dire qu’on n’a pas trop l’habitude qu’une rangée d’employés en Yukata nous fasse la révérence. La chambre offre une magnifique vue sur le lac et nous apprécierons la décoration atypique.

Les retrouvailles avec nos bagages sont également un moment de grande joie.

Nous enfilons nos yukatas mis à disposition, avant de nous diriger vers l’osen – bain relaxant très chaud. Nous n’aurons pourtant aucune difficulté à nous glisser dans l’eau.

Éléonore – J’avais lu que l’eau des osens étaient très, très chaude et qu’il fallait du temps pour y rentrer et s’y habituer. Alors peut-être que les bloggeurs sont des chochottes car avec Comparse on prend des bains bien plus chauds chez nous #onaimeflinguernotrepeau

Pauline – le bain en Islande que l’on a pris dans le bled dont je ne me rappelle plus le nom, étais bien plus chaud.

Par la fenêtre, le Mont Fuji se fait discret mais nous apprécions de barboter longuement avant de remonter nous changer pour le dîner.

Le repas est servi dans un petit salon privé. Dès notre entrée dans la pièce, nous salivons devant la table garnie de nombreux plats. Il y a beaucoup (trop) de choses à manger … et nous peinons même à terminer. (Pauline – Oui oui ! même Éléonore)

Les estomacs bien remplis, nous nous séparons. Pauline retournera dans l’osen pendant Éléonore profitera d’un massage typiquement Japonais (…) dans l’espoir de soulager son lumbago très douloureux qui l’a fait marcher comme une grand-mère et lui demande 10 minutes pour retirer ses chaussures – pratique dans un pays où tu dois te déchausser et rechausser toutes les demi-heures.

Quelle ne fut pas sa surprise en étant prise en charge par une dame Japonaise d’un certain âge, dont la carrure chétive ne laissait pas deviner sa poigne de fer. Les trente minutes de « massage » furent davantage une souffrance qu’un soulagement, pendant lesquelles Éléonore fut pétrie comme de la pâte à tarte, ou « taper dessus » au point d’en avoir des courbatures les jours suivants.

Éléonore – Sérieux, il n’y avait pas un endroit où elle me touchait qui ne faisait pas mal. Elle m’a tordue dans tous les sens et moi j’ai serré les dents pour éviter de passer pour une faible.

Suite à cette expérience dans le fond plutôt amusante, on s’est couchée sur de confortables tatamis pour une nuit reposante.

N’ayant pu profiter de la vue sur le Mont Fuji de notre onsen, on était déterminées à dénicher le fameux volcan le lendemain. Nous quittâmes le ryokan en direction de notre prochain hôtel, une auberge de jeunesse à proximité. Débarrassées de nos bagages, nous pouvions alors retourner au bord de lac.

Le Mont Fuji trônant de l’autre côté, nous décidâmes de nous engouffrer comme de nombreux autres touristes dans un téléphérique afin de gravir le mont Tenjo et de profiter de sa vue panoramique sur la ville de Kawaguchiko et le Mont Fuji.

Grande fut leur et notre déception en constatant que le volcan se cachait derrière un imposant cumulus nuageux. Si certains touristes ont dépensé sans complexe leurs économies pour être photographiés devant le panorama, puis retouchés afin d’être incrustés sur une belle photographie du volcan, nous, on ne voulait pas tricher.

Nous descendîmes au bord du lac afin d’en faire le tour pour dénicher les lieux offrant le meilleur point de vue. Sous un soleil de plomb, la promenade s’éternisa jusqu’à ce que le ciel s’assombrisse et que les nuages disparaissent. Dans les lueurs du soir, la sombre et imposante silhouette du Mont Fuji se découpait enfin, nous gratifiant d’un sentiment victorieux.

Retour à Tokyo

Non désireuses de trimbaler leurs lourds sacs jusqu’à la gare – surtout Éléonore dont le lumbago ne daignait toujours pas se soigner – nous appelèrent un taxi au lendemain matin. D’une ponctualité exemplaire, le chauffeur stationna son véhicule devant l’hôtel.

Éléonore – L’intérieur du taxi était beau, avec une couverture repliée sur la banquette arrière et des sièges protégés par du tissu. Il flottait un agréable parfum frais. Dès qu’on a mis un pied de temps on s’est tout de suite sentie bien. A notre arrivée les portes se sont ouvertes toutes seules. Prendre simplement un taxi au Japon c’est une petite expérience sympathique au final.

Quelques heures plus tard, nous arrivèrent à Tokyo où nous passâmes cinq jours. Notre itinéraire nous mena davantage à l’ouest de la métropole, dans les célèbres quartiers d’Ikebukuro, Shinjuku et Shibuya. Quartiers dans les lesquels nous feront de nombreux aller-retour à cause de bêtes erreurs d’horaires (commerces et parcs fermés).

Nous nous rendrons également un peu à l’Est, notamment à Akihabara et son grand quartier électronique, connu pour être un lieu privilégié des amateurs des mangas et de la culture pop.

Éléonore – Les boutiques de la Japanimation sont réparties dans des immeubles à plusieurs étages et vendent un nombre impressionnant de goodies en tout genre. Ça donne presque le tournis. En ce qui concerne les figurines on retrouvait surtout du One Piece, du DBZ et des Loli.

Les boutiques SEGA et leurs salles d’arcade et leurs jeux pour gagner des cadeaux.

Pauline – Gagner ? comme le Pikachu ? Faiiiiiil

La journée, nous profitèrent des parcs et de leur verdure, avant de flâner dans les rues de Tokyo une fois le soleil couché. Les devantures et panonceaux des boutiques colorés et éclairés illuminent les quartiers très animés, plongeant la ville dans une atmosphère de fête. Si foule il y a, aucun sentiment d’insécurité n’inquiète les Comparses, qui se baladent pendant des heures sans but, juste pour s’émerveiller de la beauté des rues.

Éléonore – Habituellement, je n’aime pas trop l’ambiance des villes, leurs immeubles et leurs rues bétonnées, je préfère les vastes paysages et la beauté de la nature. Mais j’ai adoré me promener dans Tokyo, surtout la nuit. On se sent en sécurité malgré la foule très dense et les couleurs sont superbes.

La foule, que les deux comparses n’apprécient pourtant pas beaucoup, deviendra même « amusante » à la célèbre intersection de Shibuya : Shibuya Crossing. Toujours bondé, ce croisement se transforme en effet en véritable fourmilière quand les piétons traversent tous ensemble.

Le retour à Tokyo sera également l’occasion de découvrir DisneySea, au Sud du Tokyo Disney Resort. Avec sa thématique et son design unique au monde (le Disney Resort de Tokyo étant assez semblable à celui de Paris.) il aurait été fort dommage de passer à côté.

Les deux Comparses ne furent pas déçues de leur journée. Dès notre entrée dans le parc, l’architecture de Mediterranean Harbor, inspirée de la Renaissance Italienne et tout particulièrement de Venise, nous émerveilles. Le parc est superbe, divisé en plusieurs ports autour d’une île où un grand volcan rentre en irruption dès leur arrivée. (Pauline – que Éléo à zappé de filmé parce que surement elle se recoiffait ~ )

Éléonore – J’ai adoré ce parc totalement inédit par rapport à celui de Paris. Les différents secteurs sont vraiment beaux, en particulier le lagon de la Petite Sirène, très coloré, avec une partie souterraine dont les couleurs et les lumières sont justes à tomber.

Pauline – Je n’ai pas pu faire l’attraction au centre de la terrrrreeeeee !! Bon ça va, le reste du parc suffisait à m’occuper et tout était tellement beau que j’y survivrais :p

Le spectacle sons et lumières Fantasmic, l’équivalent du Disney dreams Parisien, a clôturé cette bonne journée avec ses feux d’artifice et ses jets d’eau. Basé sur Fantasia, le spectacle projette des personnages sur un îlot installé au centre de la bai de Mediterranean Harbor, sur fond musical des plus grands classiques Disney, pendant que voguent des navires où s’agitent les danseurs.

La ville aux 400 temples

Si Tokyo est aujourd’hui la capitale du Japon, elle ne l’a pas toujours été. Kyoto qui disposait autrefois de ce statu. D’hauts immeubles et de lumière, Tokyo laissa sa place à sa grande sœur : ses anciens quartiers, maisons de bois et innombrables et majestueux temples. Plus traditionnelle, l’ancienne capitale Japonaise offrit aux deux Comparses un tout autre visage du pays. (Pauline – Celui du thé vert arrangé à toutes les sauces :p)

Deux jours et demi à peine pour visiter la ville étant un délai court, nous dûment faire preuve de vélocité et d’organisation. Nous prîmes le temps de sélectionner les points d’intérêts, notamment les temples et choisîmes d’aller également nous promener à Nara. Petite ville au sud de Kyoto, Nara est réputée pour ses habitants peu communs.

Arrivée à la gare, nous nous dirigeâmes vers le parc abritant le temple Todaiji. Les touristes sont nombreux. A travers la foule dense, une robe alezane moucheté de blanc se distingue alors. C’est un jeune daim. Ses parents ne sont pas loin, marchant paisiblement le long de la rue, le nez pointé vers les mains des badauds (mouillettes) à la recherche d’une caresse.

En totale liberté dans le parc et la ville, les daims sont chez eux, allant et venant entre les arbres, s’allongeant au bord de l’eau, ou coursant les touristes pour quémander une friandise.

Éléonore – Même si je m’y attendais, j’ai été surprise de voir tous ces daims partout autour de nous, pas farouches, se promener ainsi comme si de rien n’était. C’était plutôt mignon.

Malheureusement pressée par le temps, les deux Comparses durent se contenter d’une promenade dans le parc de Nara avant de rebrousser chemin.

Éléonore – On devait rusher à mort pour visiter Kyoto, de 5h30 du matin à 23h pour le jour le plus important. C’était court mais intense. On a beaucoup aimé cette ville qui changeait assez de l’expérience de Tokyo.

Il fut plus difficile de choisir quels temples visiter, la ville en comptant des centaines, parfois juste au détour d’une rue. Par chance, nous rencontrâmes à l’auberge de jeunesse un voyageur Français qui nous conseilla. Notre sélection nous mena pour commencer à Arashiyama et à sa bambouseraie, avant de tenter de gravir la montage au sud de Kyoto à Fushimi Inari Taisha et ses 1001 Torii.

Pauline – C’est magnifique !! Mais … les escaliers sont des démons !

Éléonore – La vue en valait peut-être la peine, mais la montée prenait un temps fou. On a préféré faire demi-tour pour éviter de supprimer des temples de notre programme.

Les deux Comparses débutèrent leur chasse aux temples, avec notamment Kinkakuji Temple. A la surface du paisible lac, les lignes dorées du somptueux Pavillon d’Or se reflétaient, offrant un spectacle aussi grandiose qu’apaisant. Le silence sera de rigueur dans le Sanjusangendo Temple et ses 1000 bouddhas, alignés comme autant de soldats gardant le sanctuaire. Les deux Comparses profitèrent aussi de la beauté des jardins du Ginkakuji Temple et Ryoanji Temple, avant de gravir la rue du Kiyomizudera Temple offrant encore une belle vue panoramique de Kyoto.

Éléonore – Non seulement voir tous ces temples donnait l’impression de remonter dans le temps, mais en plus on croisait énormément de Japonais et Japonaise en kimono. Ils étaient beauuuuuuux. On a juste regretté de ne pas rencontrer de Geishas dans le quartier historique de Gion, dont les petites maisons en bois et les ruelles serrées rappelle vraiment le Japon traditionnel.

Pauline – J’ai envie de relire Kenshin maintenant … Et puis les cailloux Zen ~  

Des îles, des lapins et des escaliers

Notre départ vers Hiroshima avait un arrière-goût d’amertume : on savait que notre voyage touchait à sa fin. Nous sommes arrivées à la station assez tard, après 22h et comme nous avions grandement la flemme de chercher les trains JR et de porter nos sacs, nous avions pris la décision d’opter pour le taxi.

Le chauffeur ne parlait pas un mot d’anglais, mais au début, cela ne nous inquiétait pas. Après tout, il suffisait de lui donner l’adresse, de rouler, de payer et c’était terminé. Pourtant, les choses n’ont pas été aussi simples.

Pour commencer, le chauffeur ne connaissait pas l’adresse de notre hôtel, situé au sud d’Hiroshima à deux pas de l’embarcadère pour Miyajima. Il pensait que c’était beaucoup plus loin, faisant s’élever la facture à 76 000 Yens. Comme nous n’arrivions pas à nous comprendre, il a téléphoné à des collègues, jusqu’à enfin être au clair sur l’adresse.

Après une vingtaine de minutes, nous sommes au bon endroit, devant un hôtel clos. Il est 23h fermé et la réception est fermée.

Éléonore – C’était comme un air de déjà-vu avec Tokyo. On commençait presque à s’habituer.

Mais la chance semblait toujours de notre côté. Dans le hall de l’auberge de jeunesse, nous croisons une jeune femme du STAFF qui nous propose de dormir dans des lits vides au hasard, avant de faire le checking le lendemain matin.

Nos lits enfin attribués, nous pouvions nous concentrer sur notre séjour à Hiroshima et la visite de deux îles, en commençant par Okuno-jima.

Ancienne île industrielle, elle fut repeuplée par des lapins après une fuite chimique qui dut contraindre les locaux à quitter les lieux pendant plusieurs décennies. Du coup, c’est aujourd’hui une destination touristique « trop kawaii » avec des lapins partout.

Éléonore – Je ne suis pas trop dans le délire « lapin », c’est déjà assez pénible de les esquiver quand il se jette sous ma voiture sur les routes de Normandie, mais j’avoue que l’île était super jolie. Je me croyais en Corse.

Avec ses plages, son eau turquoise et ses pins, l’île rappelle en effet beaucoup le Sud de la France. Nous avons aimé nous promener en croisant bon nombre de lapins à qui on donnait à manger. Les bâtiments détruits, abandonnés et recouverts de végétaux étaient aussi bien classe.

Éléonore – Un peu comme dans the Last of Us mais sans les Claqueurs. On a regretté de ne pas pouvoir pénétrer dans les bâtiments, l’entrée étant interdite sûrement à cause des risques d’effondrement.

Pauline – J’ai adoré ! C’était très jolie, l’ile en elle-même et c’était trop mignon tous ces lapins, et Éléo se faisant piqué la carotte par un lapin voleur, ça n’a pas de prix.

Le lendemain fut consacré à Miyajima, île réputée comme étant l’un des trois lieux les plus beaux et pittoresques du Japon. Nous sommes parties par le ferry (comme notre hôtel était juste à côté c’était pratique) et sommes restées sur l’île toute la journée, jusqu’à la nuit tombée.

A notre arrivée c’était marrée basse et la Porte du Tonnerre (grande arche symbole de l’île) n’avait pas beaucoup les pieds dans l’eau.

L’île est assez grande, avec de jolies rues, de superbes temples et des chemins de randonnées très sympas pour se promener. Du moins « sympa » pour la majorité des gens, mais pas pour Pauline.

Pauline – J’ai des problèmes de capacité respiratoire et ça ne se manifeste réellement qu’en déniveler, c’est quand même pas ma faute si Eleo me fait grimper le point le plus haut de l’ile.

La grimpette du Mont Misen à 535m durera plus de 2h.

Éléonore – Le parcours était assez simple, bien balisé et avec des escaliers, j’allais à un rythme de croisière, Pauline avait du mal à suivre et était très en colère, voire, n’ayons pas peur des mots, était franchement chiante et faisant la gueule très fort. Même Godzilla avec la gueule de bois serait certainement plus aimable.

Pauline – Je t’aime Éléo mais passe devant et me parle pas.

La vue valait tout de même la chandelle, car le sommet du Mont Misen offrait un beau panorama de l’île et bien au-delà encore. La descente fut bien plus facile et nous croisâmes encore des daims qui nous rappelèrent notre visite de Nara.

Comme la mer recommençait à monter, on s’est posée au bord de l’eau pour observer la Porte du Tonnerre au coucher du Soleil, comme bon nombre de touristes, d’ailleurs. Si les nuages on un peu gâché le spectacle, on a quand même eu quelques jolies couleurs.

Osaka et fin du voyage

Afin de nous éviter un long retour à Tokyo qui nous aurait fait perdre du temps, nous avons préféré opter pour un départ d’Osaka. C’était du coup l’occasion de visiter la troisième plus grosse ville du pays.

Force est d’admettre que ce ne fut point notre étape favorite. Osaka est une ville très commerçante. On y trouve beaucoup de centres commerciaux dans de hauts immeubles que nous n’avions pas spécialement envie de faire.

DenDen Town faisant penser à Akihabara – le quartier POP Culture – nous avons pris du plaisir à y flâner, tout comme Dotonbori, dont les panneaux s’illuminent la nuit, diluant dans le canal leurs couleurs chatoyantes.

Éléonore – On sentait que la fin du voyage approchait et on commençait à beaucoup fatiguer. La météo étant de nouveau très capricieuse, on avait un peu la flemme de flâner dans la ville qu’on appréciait bien peu par rapport à Tokyo.

Au final, ce que nous avons apprécié surtout de faire à Osaka, c’était manger. On parle de « cuisine de la nation » notamment grâce aux plats à base de poulpe, comme les Takoyakis. Trois soirs de suite nous sommes allées dîner au même restaurant juste à côté de notre auberge de jeunesse. Non seulement le personnel était super sympathique, mais c’était absolument délicieux, ils nous ont même offert un plat le 3° et dernier soir !

Éléonore – Mention spéciale aux nouilles sautées au poulpe !

Pauline – Je plussoie !

On a aussi flâné dans le célèbre marché de Kuromon Ichiba en quête de bébé poulpe en brochette. Si Éléonore a adoré, ce ne fut pas le cas de Pauline qui a nettement plus aimé les glaces et les crêpes.

Après ces trois semaines de voyages, il était temps pour nous de reprendre le chemin du retour avec un vol vers Séoul puis vers Paris. Au final nous retenons surtout notre étape à Tokyo. Nous avons adoré toutes les deux la capitale Nipponne ainsi que ses habitants, d’une politesse et gentillesse exemplaire, rendant le séjour encore plus agréable. Cela donne envie d’y retourner !

Pauline – Mon retour dans mes montagnes fut bien épique. Après 14h de voyage avion et une arrivée à 20h30 à CDG, j’ai pris un Ouibus à 23h20 de Bercy, suis arrivée a 5h15 à la gare routière de Perrache, ai fait ma clocharde en attendant assise à même le sol, me suis fait contrôler par les policiers, j’ai patienté jusqu’à 9h45 pour le bus me permettant de rentré à Annecy. Et pendant tout ce temps, je n’ai pas vraiment dormi. Du coup, arrivée à la maison, j’ai mal au yeux, je me couche pour me « reposer » les yeux. Je me suis réveillée 15h plus tard … Youhou !

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By |2018-09-30T11:27:55+00:00September 27th, 2018|Categories: Carnets de routes|Tags: , , , |

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