L’appel des lointains

//L’appel des lointains

 De la Normandie au bout du monde, l’appel des lointains


Est ce héréditaire ?

Je suis née en Normandie et le vent m’a balader au gré des postes de mon père, de mes études, de mon travail. J’ai fini, petit oiseau, par me poser dans un endroit où pour la première fois de ma vie j’ai ressenti être chez moi : les Alpes.

Mon père … c’est quelqu’un, et je ne dis pas ça parce que c’est mon père. Baroudeur depuis toujours, il nous a traîné, ses enfants, dans des endroits où peu de parents emmènerait ses bout de chou. A 20 ans monsieur avait rallié la France à l’Inde en stop, en suivant la route de la Soie. Je ne sais pas vous, mais je trouve ça la classe incarné et j’en connais pas des masses qui font ce genre de truc aujourd’hui. Avec lui et ma mère, nous avons parcouru l’Europe, Italie, Espagne, Grèce, Belgique. La France aussi … Mais les deux aventures les plus folles que nous ayons vécu sont après un drame familial,  notre voyage en Afrique (lien) et en Chine (lien). Le problème, c’est que j’avais 14 ans, et passé du confort occidental au mode baroudeur hardcore avait fini par me dégoûter des voyages, presque. Après cela, mon père à rencontré quelqu’un, c’est la vie, et nous a laissé en France quand lui partait, jugeant que nous étions assez âgé pour partir avec nos amis en vacances, sauf que bon, quand t’as pas d’argent hein …

Depuis, depuis mes premiers salaires en fait, je suis repartie. En Grèce, à Malte, dans le Sud etc. Dans des lieux ensoleillé et farniente un peu. Je me suis mise à la photographie aussi entre temps. J’ai compris que ce qui me motivais le plus, dans les voyages, ce sont les paysages. Admirer et immortalisé la beauté du monde. Au début, ce n’était qu’un murmure que j’entendais, une petite voix au fond de moi qui m’appelait, au loin. J’ai commencé à rêver de destination : Laos, Islande, Japon, Patagonie, Arctique, Désert, Groenland, Antarctique, Laponie etc. Alors que j’avais repris des études, j’ai continué à rêver, patientant … Et puis, lors de la fin de mes études, mon master en poche, un boulot que j’aime décroché, j’ai pensé à prendre des vacances. Franchement, je les méritais bien. Les deux ans de master furent intense, sans vrai pause, puisque j’avais un loyer à payer. Impossible de prendre des jours de repos entre les différentes étapes. Alors, alors j’ai voulu aller au Japon … le problème, c’est que le Japon, on en parle avec ma meilleure amie depuis des années et on avait prévu d’y aller ensemble : je ne peux pas lui faire ça, aller au Japon sans elle. Alors, je me suis rabattu sur un pays similaire : la Corée du Sud, qui m’attirait bien aussi.

J’avais besoin de partir, loin, très loin, de tout claquer, et laissé derrière moi, un temps. J’avais décidé de partir en mode sac à dos. Pas spécialement de réservation, mon premier voyage aventure un peu … Oh. Et je suis partie seule aussi, une petite nouveauté aussi puisque d’habitude je motivais des troupes. Ce voyage, j’ai adoré. Une petite découverte pour moi, la Corée me manque d’ailleurs, et j’ai surtout découvert durant ce voyage, que j’étais parfaitement capable de me débrouiller toute seule, en terre étrangère avec des personnes ne parlant pas ma langue, et … souvent, ne parlant pas anglais aussi.

L’année suivante, cette voix qui n’était qu’un murmure à commencé à devenir une sirène … il me devenait difficile d’y résister. Aller savoir pourquoi. Ma première vrai expérience de voyage solo ? Le fait que je vieillisse ? Ou le fait de vivre à Paris dans un environnement qui ne me convenait plus ? Peu importe le raison, mais le fait est que j’avais BESOIN d’évasion. Je l’entendais, le ressentais. Alors même que j’alternais voyages et city-trip lors de weekend. Mon problème, c’est que chaque retour devenait plus dur. Je pouvais toutefois encore le supporter. Lors de cette année, j’ai abusé et ai réalisé plusieurs rêves. Mars : je suis partie dans le désert. Je voulais aller dans le désert Arabique, à Oman. En Juillet je suis partie faire une randonnée Kayak dans les fjords de l’Arctique. Et Novembre, je suis partie en road trip en Islande. Et c’est cette année, oui, cette année la que j’ai compris.

Je suis partie début Mars pour faire un trek dans le désert du Sahara (Marocain). Je sais, j’ai parlé d’Oman mais le nombre de personne requis n’était pas atteint, le voyage a été annulé et j’ai été redirigé vers ce voyage. Un peu déçu avant le départ, j’ai été enchantée par ce voyage, et sans exagérer, en suis revenue changée. Je rêvais de voir un désert de sable, d’admirer le couché de soleil et les ombres dessinés par les dunes. Je ne pensais pas que ce voyage changerait ma vie, à tort semble t’il. Je suis partie 8 jours, j’ai le sentiment d’être partie 3 semaines. Au matin, la nuit passé en camping au milieu des dunes, je me rappelle m’être levée tôt, trop tôt. Je n’avais pas dormi à cause de la tempête de sable qui avait fait rage toute la nuit, et j’avais oublié le décalage d’une heure, entre le France et le Maroc. Et, alors que j’étais fatiguée, je suis sortie de la tente : le sable était froid sous mes pieds nus, l’air était frisquet, j’ai enfilé ma polaire. Le camp dormait, les dromadaires aussi. Le ciel parsemé d’étoiles s’éclaircissait. Je suis montée sur la dune la plus proche et … j’ai été soufflée. C’est le mot. A l’horizon les dunes, et l’aurore. Le ciel rosé et le soleil qui pointait ses premiers rayons. Derrière moi, la nuit encore et les étoiles. Le sable, partout, virevoltant au gré des vents. Le silence. C’est inexplicable et indéfinissable mais … j’ai RESSENTI quelque chose, au plus profond, et je me suis mise à pleurer, sans comprendre, sans savoir pourquoi. Je me suis assise et ai attendu, admiré, et profité.

A la fin du voyage, je suis rentrée en France, à Paris, et me suis payé la plus GROSSE déprime de ma vie. Plus rien ne comptais vraiment, tout m’emmerdait, je voulais repartir, tout claquer. Je ne voulais pas sortir, ne voulais voir personnes. Je ne répondais plus à mes amis, ne répondais plus au téléphone. Allait travailler en mode automate. Mais j’avais beau essayer, quelque chose s’était brisé. Alors, j’ai pris une des plus grosse décision que j’ai du prendre jusqu’à maintenant. Alors que j’y réfléchissait déjà depuis un moment, de bouger de Paris ; depuis que j’avais découvert ce lieu lors d’un déplacement professionnel, depuis que j’y étais retournée en vacances, pour confirmer ou infirmer mon choix. Mais je voulais attendre … encore … être sûre. On ne prend pas ce genre de décision sur un coup de tête. Mais j’ai craqué. J’ai appelé mon chef, eu un entretien avec lui : j’ai demandé ma mutation de Paris à Annecy. J’agonisais. Lentement mais surement, à Paris et je ne le supportait plus, n’arrivait plus à faire avec. Il FALLAIT que je m’en aille. Je sais, que mon père ne l’a pas compris, et peut être ne le comprendra jamais. Tant pis.

Après ça, il m’a fallu tout faire, préparer, organiser etc. Mais j’avais compris. J’avais compris que, ce que j’aime par dessus tout en voyage, c’est de vivre cet instant ; où un nom, un lieu, sonne à mes oreilles tel une poésie ; où la beauté du monde s’engouffre en moi tel une bourrasque, et où je suis suspendu à cet instant, mes émotions s’entrechoquant et ne laissant place qu’à une sensation de paix, de liberté et de gratitude. Juillet l’Arctique, Novembre l’Islande. Cette année une petite semaine de détente dans le sud, et Septembre … et bien vous verrez 🙂

Depuis mon déménagement, j’ai retrouvé un certain équilibre, une certaine sérénité, mon nouvel environnement en est clairement la cause. Et j’en suis heureuse. Malgré tout, je l’entend et le ressens, cet appel. Des fois toujours, j’ai juste envie de partir et voyager au gré de mes envies. Comme dirait une certaines citation : “si voyager était gratuit, vous ne me reverriez plus jamais”.

Alors je rêve, mais profite aussi, de mon environnement, de mon nouveau cadre de vie, quand même assez idéal et qui maintiens mon équilibre. Je rêve de boussoles, de roses des vents, de cartes et d’itinéraires, et je me demande si voyager est quelque chose qu’on nous transmet ou si c’est propre au tempérament d’une personne ? J’ai un frère et une sœur, mais tous deux ont l’air de ne pas ressentir cet appel des lointains.

Ironiquement, la vie m’a peut être façonné comme mon père : métier technique, l’appel des lointains, la curiosité, le bricolage. Si on m’avait dit que l’on s’entendrait à la perfection à l’âge adulte, vu nos relations houleuse à l’adolescence, je ne l’aurais jamais cru. D’ailleurs, quand ma belle mère lui fait remarquer que je lui fait penser à lui plus jeune, il rigole. Mais … oui. Je crois qu’on se ressemble maintenant, mais … je vais évité de lui ressembler trop sur certains point hein ^^

Voila, petite réflexion sur cette voix intérieur. Je voulais aussi parler du fait que j’ai adoré le dessin animé Vaiana et que je soupçonne que le sujet traité, à savoir l’appel des lointains, n’y ai pas pour rien. La chanson How far i’ll go, thème principal de Vaiana me fait complètement echo. Et il suffirait de remplacer quelques mots pour exprimer ce que je peux des fois ressentir. Et aller, parce que j’adore cette chanson, je vous quitte dessus.

Tchou.

2018-05-19T12:48:36+00:00

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Lectrice | Photographe | Globe trotteuse | Trucs de fille | Fan invertébrée des animaux | Monteuse vidéo | & Comparse châtain d’une Comparse blonde <3

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