Travail et envies de voyages – Comment concilier ?

//Travail et envies de voyages – Comment concilier ?

C’est une question que me pose de plus en plus. J’ai même eu une discussion à ce sujet avec mon père, et nous ne sommes pas nécessairement d’accord , j’y reviendrais.

Depuis quelques temps, je ressens régulièrement le besoin de voyager, de bouger, de sortir de mes frontières. Pourquoi ? je ne suis pas sûre.
Cela va mieux depuis mon déménagement de Paris, mais je rêve de voir le monde, de le photographier et de rencontrer ces habitants.

Alors que je vivais à Paris, je ressentais de plus en plus cette ombre, cette oppression, ce besoin d’évasion, et plus je vieillissais, plus j’avais cette sensation de “gâcher” ma vie. Pourquoi ? Pourquoi ai je ce sentiment ? Moi et plein d’autres personnes.

Pour commencer …

Personnellement, j’ai vu mes parents travailler et se priver toute leur vie durant, faire des projets pour “plus tard”. Et bien évidement comme la vie est contrariante et que rien n’est jamais acquis, j’ai vu ma mère mourir de maladie en quelques mois, mettant abruptement un termes à tous leurs projets long termes. Je ne vous raconte pas cela pour vous faire pleurer ou me prendre en pitié, je n’en veux pas et n’en ai pas besoin, je suis très heureuse malgré et avec cela. Je ne manque de rien et cette épreuve a contribué à ce que je suis : pas parfaire, surement pas, mais Moi. Ceci étant, je veux dire qu’avec ça, ma vision des choses et de la vie a brusquement changé, mettant en relief le coté fragile que peut avoir la vie.

A ce moment la, et comme beaucoup d’adolescent, je pouvais être aveugle a des choses très simples. Depuis lors, j’ai appris à apprécier des choses tellement simples et évidente que pas grand monde n’y fait attention. Le soleil chauffant ma peau, une musique dans les oreilles, le ressac des océans, lire un livre sous mon plaid, regarder la pluie tomber depuis mon lit, etc. D’ailleurs ça m’a à l’époque décalé par rapport à mes camarades. Je n’avais plus les mêmes envies, les même discussions, les mêmes préoccupations, ni les mêmes besoins. Un exemple stupide, pourquoi se prendre la tête avec ses parents pour avoir une console, un scooter, une télé, quand finalement tu as le plus important ? soit un environnement aimant et des parents qui t’aime, et en vie. Pourquoi faire un drame d’un divorce quand finalement ils sont toujours la ? Je comprend que ça puisse faire mal, je comprend qu’on puisse vivre cela différemment. Mais j’ai tellement relativisé, que finalement, tout est question de point de vue et que tant qu’il y a de la vie, ben … rien n’est perdu.

En vieillissant, tout le monde apprend à apprécier ces moments, j’en conviens, et je n’ai donc plus les problèmes que je pouvais avoir plus jeune.  Mais plus jamais je ne me suis projeté “trop loin”. Des fois, mon père en discutant budget ou autres choses, me parle de retraite, la mienne ; je ne comprend pas. J’ai même pas 30 ans, pourquoi penser aussi loin ? Si ça se trouve je serais morte avant, si ça se trouve et surement, je n’aurais pas de retraite. Bref, le concept de penser à ce qu’on fera dans 300 000 ans, sans même vivre le moment présent me semble totalement aberrant. J’ai depuis lors un point de vue court terme à moyen terme, mais faire des plans sur la comète pour finalement perdre ses illusions ? Non merci. Si je souhaite quelque chose, je me débrouille pour le réaliser dans un délai moyen terme, de l’ordre du réalisable, mais pas de l’ordre du rêve, genre, “un jour je ferais ça”.

Quand au moment présent ? Ben les gens travaillent, je travaille. J’aime mon travail, j’ai fait des études pour l’obtenir, mais au final, c’est a quelles fins ? Pour vivre, parce que si je n’ai pas de travail, je n’ai pas de salaire, et donc pas de “vie”. La plupart des gens travaillent pour des société qui sur l’échelle de l’entreprise, se fiche complètement du bien être de leurs salariés, seule compte le bénéfice et les dividendes. On le voit bien dans beaucoup de grosses entreprises. Les actionnaires et le bénéfice sont roi. D’ailleurs, on ne parle plus de capital humain mais de ressources et de charges. Licencier des gens est le premier réflexe de l’entreprises aujourd’hui pour arrondir leur marges et recettes.  Le salarié n’est plus vraiment vue comme un savoir faire mais comme une charge. Les gens sont interchangeable et les ressources humaines ne manque pas dans un contexte mondial de crise.

Alors j’ai beau aimer mon travail, vraiment, et mes collègues, et mon environnement de travail. Je sais et ressent que mon travail n’est pas “ma vie”. Ma vie c’est plus large que cela. Ma vie c’est le coté pro, mais perso aussi, ce que je fais sur mes heures libres. Je le ressens moins depuis mon déménagement, mais avant, je passais ma vie dans les transports et au travail. Et ça, ce n’est pas une vie. Depuis que j’ai quitté Paris, je n’ai plus cette atmosphère étouffante des transports, je ne passe plus 2h par jours dedans, je ne met plus 40 min (minimum) pour aller au boulot, je peux rentrer chez moi le midi, et j’ai les montagnes en fond de route et de bureau. Le travail est donc plus plaisant, moins stressant et quand je sors du boulot, et bien, je décompresse vraiment. A moi la montagne et le lac.

Ceci étant, des fois, je me demande toujours la finalité. J’aimerais tellement voyager partout, voir le monde, et je ne peux pas. Je ne peux sans faire une croix sur mon travail actuel, et donc ma vie tel qu’elle est.

En Mars, au retour du Sahara, je vivais encore à Paris. Je suis rentrer déprimé, et étais complètement apathique. Souhaitant tout claquer et repartir. C’est ce qui m’a aussi motivé à définitivement quitter Paris. Mais depuis lors, et même si ça va mieux, j’ai quand même la sensation de parfois “gâcher” ma vie. Que la vie ça ne devrait pas être de travailler 40 ans (au minima) pour pouvoir se payer ce que l’on aime et veux faire. La société est comme cela, et si je ne m’y conforme pas, je sors totalement du moule et deviens marginale. Est ce que je le veux ? Pas sure du tout. Mais en même temps, est ce que j’aimerais vivre plus en adéquation avec mes envies de voyages ? Surement. J’ai depuis mon déménagement, trouvé une sorte d’équilibre, l’environnement d’Annecy et des Alpes me permet de “vivre” de respirer, et je peux partir ensuite en voyage. Loin. Dans des endroits dépaysant.

Toutefois, je continue a me poser la question. Vivre de voyages, est ce possible ? Il y a les blogueurs, c’est à la mode. Et je ne ressens pas ma passion comme une mode, alors je ne sais pas si j’ai envie de participer à cela. Moi ce que j’aime au delà de tout, c’est photographier durant mes voyages, ce serait filmer (quand je ne perd pas la Go Pro) et ce serait faire le montage au retour. Et partager tous cela. Naturellement, me viens en tête reporter. Reporter nature ? Reporter voyages ? Oui mais comment ? Je ne suis pas journaliste, et je ne sais pas si j’en ai l’étoffe, sans même parler d’envie. Moi ce qui me botte c’est le voyage et l’image. Comment basculer progressivement vers ? Suis je obliger de délaisser mon travail actuel ? Que j’aime malgré tout ?

Il y a les Backpackers, les Aventuriers, les Roots de l’extrême, les Touristes, et moi je ne sais pas dans quelle cases me ranger. Voyager c’est un luxe qu’ont les occidentaux. Nous obtenons les visas sans grandes difficultés et malgré les protestations, le budget pour partir peut pour la majorité se trouver. Tout est question de temps, de priorité et de volonté dans la vie. Et bien évidement, de la manière dont on voyage.

Pour ma part, j’oscille entre le fait de vouloir voyager plus, et … les obligations de ma vie. Mon travail. Et mon budget évidement. J’arrive à trouver un certain équilibre, je travaille, et durant mes vacances je pars, et ça me pèse un peu des fois, de rentrer. Mon père me dit que c’est la vie et moi je trouve ça triste. Je veux plus. La vie est courte, imprévisible et je n’ai pas envie de regretter. Je n’ai pas envie d’avoir rêver ma vie et ne pas avoir sauter le pas. Mais en même temps, comment faire ? Comment en avoir les moyens ? Vouloir c’est une chose, s’en est une autre de pouvoir sans faire de choix irréfléchi et irreversible.

Je ne détiens pas de solutions, je cherche. Les travailleurs nomades ? Mouai, j’ai aussi l’impression que c’est une mode. Les “influenceurs” idem. Je n’aime pas le marché qui se dégage de tous cela. Il y a un vrai impact négatif à tous cela.

L’Islande ou l’Amérique latine en font réellement les frais. Et oui l’Islande, j’y suis allée, mais nous avons évité certains endroits, et étions un peu choqué de l’aménagement à la limite de l’assistanat, du paysage et des spots. Quand à l’Arctique, le Svalbard, j’y suis allée et j’ai pagayé, dormi sous la tente, et fait des tour de garde la nuit. Avoir l’envie de voir quelques chose c’est aussi accepté l’idée de ne pas dénaturé et pas faire son touriste de base. Pourquoi envoyer des brise-glace en Arctique, ou Antarctique ? Cela dénature et accélère la fonte des glaces méchamment. On nous a déposé sur une plage avec notre matériel, le bateau a continué sa route vers un autre port avec les autres passagers a bord, et nous avons ensuite pagayé jusqu’au point de rendez vous retour. Je trouve cela un peu plus éthique que de rester sur son ferry tout chauffé et où tu sors prendre ta photo de l’ours agonisant sur la glace. Si tu n’as pas les moyens de respecter et supporter l’environnement dans lequel tu vas, alors n’y vas pas. C’est un peu ma ligne de conduite. Je suis allée au Sahara faire un trek, nous avons marché, au coté de nos guides et chamelier. Il ne me serait pas venu a l’idée de monter sur le Dromadaire pendant que le Marocain marchait en tirant le dromadaire qui porte mon sac et ma tente. Ça fais quand même très colonialiste et c’est … malsain je trouve. Je sais que mon raisonnement est assez tranché, je conçoit que les gens veulent voir par eux même, mais j’aimerais qu’ils respectent et s’adaptent à la où ils vont. J’ai eu cette discussion maintes fois avec mon père au sujet de l’Antarctique, il voulait prendre une croisière, les fameuses. C’est simple, je lui ai dit ce que je pensais, il m’a répondu “ok, je comprend ton point de vue, mais trouve moi un moyen d’y aller éthique, j’ai pas peur des conditions”.

Je suis un peu sortie du cadre, mais tous ça pour dire que je cherche un moyen de voyager plus, tous en respectant mes valeurs et tout simplement ce que j’ai déjà construit dans ma vie aussi. Je n’ai pas envie de me marginalisé non plus en prenant un chemin qui me séparera des gens que j’aime et de ce que j’aime. Si quelqu’un à une idée, je suis preneuse ~

NB : Article un peu brouillon, écrit sur le vif.

2018-01-12T23:50:07+00:00

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Lectrice | Photographe | Globe trotteuse | Trucs de fille | Fan invertébrée des animaux | Monteuse vidéo | & Comparse châtain d’une Comparse blonde <3

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