… Et plouf la GoPro

//… Et plouf la GoPro

Arctic Adventures


Et plouf la Go Pro

Pour ceux et celle que ça intéresse, une go pro, ça ne flotte pas, ça coule, et vite. J’en ai fait la douloureuse expérience lors de mon dernier voyage dans les glaciers de l’Arctique. Pour en revenir au début, bien avant mon départ, je m’étais équipée d’une go pro car j’avais dans l’idée de filmé tout, et à mon retour, faire un reportage, qui aurait dû être fou. Mais que s’est-il passé vous demandez vous ? Minute j’y arrive.

Me voilà la veille du départ, sacs faits. La nuit passe, le grand départ. Je filme des bouts de vidéo à la première personne, moi sortant de mon appartement, le RER, le terminal aéroport, le décollage. Je n’ai pas souhaité filmé l’escale à Oslo, jugeant cela non nécessaire. Je film l’arrivée à Longyearbyen. L’auberge, la visite, etc. Et là vous vous dites qu’en fait … j’ai filmé, donc ben, je l’avais, pas oublié. J’avais des batteries aussi, et de la place sur ma carte sd. Donc ouai, je filme, et ai filmé. J’ai filmé la mise à l’eau des kayaks ; notre arrivée par zodiac sur la plage de Esmark ; les glaciers, les sternes arctiques, la vie au camp, nos apéros à base de saucisson fromage, vodka thé et pastis. J’ai filmé le kayak au milieu des fjords et en face du glacier ; nos randonnées dans la toundra et les montagnes arctique. Les rennes qui fuient devant nous en galopant ; les oies idem laissant à découvert leur nid. J’avais filmé les pingouins volant en rase-motte sur la mer du Groenland ; le phoque annelé, curieux, qui suit nos kayaks ; le Morse, mort depuis 2 semaines mais conservé par le froid. Pire encore, j’avais filmé le glacier Wahlenberg, vêlant de la glace, sa façade s’écrasant dans l’eau et créant une onde de choc. J’avais des panoramiques de paysages variés et magnifiques. J’avais lors d’une rando, le guide essayant de traverser une rivière, en boxer fusil à bout de bras. J’avais ma propre traversée de rivière. Moi tombant dans la neige. La glace qui craque sous mes pieds. Moi avec la boue jusqu’au mollet. Un renard chapardeur d’œuf qui passe devant ma tente, et moi à l’intérieur porte ouverte. J’avais filmé les kayaks évoluant dans les glaçons et iceberg. Des énormes icebergs avec arche etc. Je les avais filmés par-dessus et par en dessous (en faisant attention). J’avais … des images de fou. Et puis, le drame. Si je pouvais remonter le temps … si seulement.

Alors que nous étions en plein milieu des glaçons iceberg, au pieds du glacier avec limite de sécurité. Je préviens mon binôme devant que je filme, donc ne pagaie pas, s’il peut en faire autant. Osef ce que je lui dis, il pagaye. Je n’impute pas la perte de ma go pro à mon binôme, mais un peu, car c’est un cumul de circonstance qui ont conduit à ce résultat. Je suis derrière, je ne peux donc pas filmer en attachant la go pro à l’avant. Je prends avec précaution la go pro avec une sécurité, et fait des tours à 360°C. Je l’immerge doucement dans l’eau pour avoir une vue sous-marine, la remonte, défait la sécu de ma main pour la remettre dans le filet devant moi et reprendre ma pagaie, et la … le drame. Mon binôme qui pagaye toujours. Qui est un sportif de football américain. Qui fait 110 kg de muscle non mouillé. Je précise parce qu’en gros, le kayak avançait très bien et très vite sans que j’ai besoin de faire quoi que ce soit. Monsieur file à lui tout seul une propulsion de fou au kayak. Au moment donc où j’allais la remettre en sécurité. On tape un assez gros glaçon, bien transparent et bien compact, qu’il n’avait je suppose pas vu, et que moi à l’arrière je ne peux assurément pas voir. Je suis un peu projetée en avant, retenu par tous mon matos évidement, et ma go pro sous le choc dérape de mes mains, qui sont mouillés, et tombe à l’eau, le temps que je me redresse et réalise, je tente de rattraper la go pro, que je vois sombré. Hystérique et en larme, mon binôme ne comprend pas et essai de pagayer pour avancer, je lui crie d’arrêter tout de suite, je recule même un peu le kayak pour retourner à notre emplacement, et cherche dans l’eau, mais je ne vois plus rien. En larme sur mon kayak je vois le guide qui me demande ce que j’ai, je lui explique. Il est dégouté pour moi mais me dit qu’on peut rien faire, on est au pied du glacier et y a au moins 60 mètre de fond.

Je suis resté 2 minutes … 2 minutes à scruter le fond et essayer de comprendre pourquoi. Pourquoi il avait fallu que ça arrive. On repart. Mon binôme veut pagayer, il a pas été déçu, alors que j’étais en larme sur le kayak on est arrivée les premiers à la plage, le kayak a fendu les flots, de toute manière, je regarde mais ne peux plus filmer alors. A quoi bon trainer dans les glaçons. On fait une pause en face du glacier, je n’ai rien manger, l’appétit coupé. Je passe sur les commentaires véridiques mais exaspérant des autres du genre « c’est bon c’est qu’une go pro », « savoure la chance d’être la » et autre connerie. Je sais tout ça, et je me fou de la go pro. Elle coute 500€, ça fait chier, mais elle aurait coulé et j’aurais eu la carte sd en main, je n’aurais pas versé une larme. J’ai donc badé durant le reste de la journée, pleurer une partie de la nuit, et d’une manière générale, y repenser me foutait tellement les –bip-  que j’avais envie de pleurer. Je tenais RE-ELLE-MENT à faire cette vidéo, c’était important pour moi. Aller en Arctique c’est pas aller … en Corée ni même au Sahara. L’arctique c’est le voyage d’une vie. C’est quelque chose qu’on n’est pas censé faire souvent, voir certains le font jamais. Donc oui, je l’ai mal vécue. Très. Sachant qu’en plus, on a plus du tout fait de kayak après … je l’ai donc perdu 2 jours avant le retour, et lors de notre dernier traversé. De quoi être encore plus dégouté.

J’avais mon reflex, j’aurais pu filmer au reflex. Mais à quoi bon. 2 jours avant le retour ? Sans compter que j’étais tellement triste et dégouté que je n’en avais plus aucune envie. Pourquoi faire ? De même et c’est toujours le cas, je ne sais pas si je re-filmerais un de mes voyages. Pourquoi faire … a quoi bon.

Surement rachèterai-je une go pro, de là à filmer, je ne sais pas, on verra. Je suis toujours dans le mood « à quoi bon ». Et surement prochaine fois je penserais à coup sûre à mettre un flotteur sur ma go pro.

Alors ouai, RIP à ma go pro qui repose à 60 mètre de fond en Arctique, au pied du glacier de Svéa. La seule chose qui me console et me fait un peu sourire, c’est que bon, c’est un peu classe comme fin pour ma go pro. Je l’ai pas cassé connement en France, ni perdu dans le métro ou un aéroport. Non non, elle a coulé au pied du plus large glacier de l’Isfjord en Arctique. Ça en jette (un froid ? Pardon …).

En conclusion, c’est la raison pour laquelle vous n’aurez pas de Vlog sur ce voyage, rien, que dalle, alors que c’était mon intention à mon départ.

Tchou …

2017-08-11T21:29:56+00:00

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Lectrice | Photographe | Globe trotteuse | Trucs de fille | Fan invertébrée des animaux | Monteuse vidéo | & Comparse châtain d’une Comparse blonde <3

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