2017 : Kayak Arctic – From Wahlenberg to Paris [Log3]

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Raid Kayak en Arctique : Partie 3


Du Glacier Wahlenberg au retour à Paris

Après 2 à 3h de navigation sur une mer agitée, nous arrivons non loin du glacier de Wahlenberg, à côté un peu plus loin, nous apercevons celui de Svéa. Le glacier de Wahlenberg à la plus haute façade de tout l’Isfjord. Celui de Svea est le plus large avec une superficie de de 5km, et présent sur 2 front de mer. Il serait aussi le plus actif des glaciers.

Nous attendons, lessivé, dans nos kayaks, que le guide descende, check les alentours et nous fassent signe d’accoster. Nous descendons péniblement et faisons quelques pas incertains, honnêtement nous avons mal partout, nous avons pagayer longtemps et fort sans pause. Le guide nous dit qu’ici nous serons à l’abri de la tempête et que même si nous ne pouvons pas repartir, au moins nous pourrons bouger à pieds si besoin. Par ailleurs le point final de l’itinéraire est le glacier de Svéa et se trouve en face. Il nous suffira de traverser le fjord.

Nous remontons les kayaks sur la plage, déchargeons, et comme d’habitude, préparons le camp, etc etc. Le camp est situé sur un plateau avec une vue à 360°. Ce sera pratique pour le tour de garde au moins, pas la peine de s’éloigner pour monter une butte etc. Nous trouvons sur la plage PLEIN de bois, et des anciens bidons rouillés d’origine et d’histoire Russe, selon le guide. Nous utiliserons l’un de ces ustensiles pour nous faire un feu de camp, et à l’aide de palette, de pierre et de morceaux de bois, nous ferons bancs des chaises et une table. Le système D ici, c’est magique 😀

Nous voilà bien installer, à proximité d’une cabane de trappeur ravagé par un ours. La porte a été forcé et l’intérieur est retourné. Tout ce qui pouvais se manger, n’existe plus. Ce soir-là nous dégusterons notre repas autour du feu, nous aurons même le luxe de manger un brownie chauffé sur une grille au feu de bois, et après accompagné d’un thé, on se fera des marshmallow grillé. Là encore, système D, nous n’avons pas de brochette, le guide prend des morceaux de bois qu’il taille au couteau… Je reste admirative devant la démerde de nos guides. Tout a toujours une solution, et ça parait si simple, à se demander pourquoi nous on n’y pense pas. Je savoure mon thé collé au feu de bois. Le vent souffle fort, j’ai froid, je suis presque aussi gelé que le glacier.

On finit de manger, les tours de garde débutent. Dodo nuit complète pour moi ce soir. Le lendemain matin un spectacle magique nous attendait dehors. Le glacier a vêlé de la glace, la mer est recouverte d’iceberg, qui dérive au gré de la marée et du courant. Un rayon de soleil pointe son nez, donnant un peu de couleur à ces paysages et faisant briller la mer et ses glaçons. Nous déjeunons au coin du feu, entretenu durant les différentes gardes tout au long de la nuit. Aujourd’hui le vent souffle fort, la mer est beaucoup trop houleuse, nous partons à pieds en rando jusqu’au glacier de Wahlenberg.

Nous traversons des toundras, des marécages, des rivières, de la neige, des cailloux aussi, comme d’habitude. Et nous voyons au loin de profiler l’imposante façade du glacier, que nous entendons tonner tous les quarts d’heure environ. Nous arrivons finalement à proximité du glacier, l’air y est plus frais et la plage en contre-bas est parsemé de gros glaçons, certains sont totalement transparent, d’autre blanc et d’autres bleutés. C’est magique, juste, magique. On assiste, de loin au vêlage du glacier, on aperçoit un morceau de glace se décrocher de la façade et s’écrouler dans la mer, soulevant par la suite une vague énorme qui créer une onde de choc dans la baie. On entend et aperçois la mer se retiré, puis revenir frapper fort les cotes. Cela 6 fois de suite. C’est la moyenne du nombre de vagues en cas de chute de glace. On assistera à ce même spectacle plusieurs fois, et l’un sera particulièrement impressionnant, sans compter que nous étions vraiment près et en première loge. Nous sommes éblouis par la beauté du spectacle. Je demande l’autorisation de descendre sur la plage où s’entasse plein de glaçons échoués. Le guide vérifie rapidement puis me laisse y aller, il surveille de haut. Je cours vers les glaçons, les prend en photo sous tous les angles. C’est incroyable, je prends une photo de moi assise sur l’iceberg, évidement ~ Je marche parmi les glaçons, on s’extasie devant, et on arrive finalement aussi près du glacier que la sécurité nous le permet. On finit par remonter dans les terres, toujours en longeons la façade de glace. Après avoir pris plein de photo ont fini par retourner vers le camp, en empruntant un autre chemin évidement. Nous rencontrerons dans les plateaux de toundra des rennes, qui broutent tranquillement et nous regarde passer, légèrement curieux. Nous passerons également à proximité de Sternes qui piaillent et vol dans le ciel. De retour au camps nous ravivons/rallumons le feu. Préparons l’apéro et le repas. Alors que je suis de vaisselle, les hommes coupent le bois en bûche. Les deux guides les forme à la coupe avec la hache, à la scie. Bref, les forment à être de vrai trappeur.

C’est marrant, ils font des concours de qui coupera la bûche et en combien de coup. Notre guide qui, si je ne l’ai pas précisé avant, est juste trop beau et trop sympa, est aussi trop fort. Une bûche est à moitié fendu, chacun tente de finir de la fendre à la main, façon Captain America. Ils ont tous essayé, le guide rigole, et le fait. Eheh, moi je regarde, en faisant la vaisselle, ouai, ce n’est pas cliché tout ça. Ce soir je suis de garde, un truc du genre 2 à 4, ou 4 à 6. Bref, je vais me coucher. Je suis réveillée pour ma garde, que je passe auprès du feu. Je retourne me coucher une fois la relève prise.

La mer est une marre d’huile aujourd’hui. Le guide décide de replier le camp et traverser le fjord en direction de la baie du glacier de Svéa, qui sera notre dernier camp avant retour à Longyearbyen puis vers Paris. Problème, nous avons une bande entière d’iceberg à traverser. Le guide nous explique la marche à suivre, pas de course de vitesse, pas de déconnade, on se suit à la file indienne et il passe en premier pour tracer la route. Taper un glaçon c’est prendre le risque de finir comme le Titanic. Les gros icebergs sont à éviter d’une distance d’au moins 10 mètres, et varie selon la taille de l’iceberg. 9/10 de l’iceberg est sous l’eau qu’il nous rappelle.

On démonte le camp, se prépare, charge les kayaks, et nous voilà parti, nous arrivons après quelques minutes au premier glaçons de la bande que nous devons traverser. Le guide passe en premier et nous le suivons. Je suis les instructions de mon binôme assis devant. Gauche, droite, droite, gauche toute, ahhh, non l’autre gauche… je vois les gros icebergs, mais pas les tout petits devants. C’est magique, mes rames percutent des petits blocs de glace, nous sommes immergés dans le bruit ambiant des icebergs. Oui, ça fait du bruit. C’est comme le pétillement des bulles de champagnes. Imaginer que vous naviguez dans une flûte à champagne, et que toute les bulles autour pétille. Eh bien pagayer au milieu des icebergs, c’est le même bruit. On passe à côté d’énorme de gros de moyen et de petit icebergs. C’est le rêve. La carte postale, je n’en reviens pas. Nous ferons escale pour déjeuner sur plage au pied du glacier de Svea, genre, en face de la façade. En cas de vêlage de glace, nous devions retenir les kayaks pour ne pas qu’ils partent à l’eau. Nous sommes d’ailleurs restés intégralement équipé, en cas d’urgence.

Après cette pause nous finissons la traverser des icebergs pour rejoindre la rive de l’autre côté du fjord, et un installer notre camp, à proximité du glacier Svea. Le guide débarque en premier, toujours, vérifie et nous fait signe de débarquer. Des Sternes nichent à proximité de notre camp et nous attaque chaque fois que nous passons sur leurs territoires. Je m’étouffe de rire en voyons Céline courir les mains sur la tête, en hurlant que « putain mais ça fait mal en plus ! ». Parce que oui, les Sternes, quand on approche de leur nid attaque, tourne autour et tape sur la tête. Et ça peut même déféquer si vous ne déguerpissez pas assez vite. Nous montons le camp sur la plage, qui est bordé d’icebergs dont un én-or-me ! Je décide d’aller me baigner avec les icebergs, je demande si y a des motivés, apparemment pas trop. Le guide lui y va 😀 Céline finit par suivre aussi, et nous entrons toutes les 2 en maillots de bain 2 pièces, dans l’eau la plus froide que j’ai jamais connu, la mer du Groenland, avec les icebergs autour de moi, dont un très gros. La classe absolu quoi …

Je ne vous dis pas que j’y suis resté longtemps, l’eau est vraiment vraiment froide. 0°C là encore. Je ne mets surtout pas la tête, je tiens à ma vie un peu. Tout de même. L’eau est si froide que mettre la tête peut être dangereux. Je ressors tranquillement, sincèrement je n’ai plus froid, je ne sens plus le vent non plus, en fait, je ne sens plus grand-chose, et clairement pas mes doigts de pieds. Je décide de prendre ma serviette de bain et mes affaires et d’aller me rhabiller près du réchaud dans la tente mess que les guides ont gentiment laissé vide à notre attention. Le sang re-circule de nouveau dans mon corps ~ j’ai moins froid qu’avant ma baignade. Ce soir je peux dormir tranquille, pas de garde pour moi, je fini donc de manger et vais dormir.

Le lendemain la mer est agité, le guide décide de partir en rando, au programme : grimpette de montagne, juste moins abusé que la première. Entre temps durant la nuit, des renards polaires sont venu et ont mangé tous les œufs des Sternes, j’en ai aperçu un qui passait devant l’entrée de ma tente juste avant de dormir. J’ai entendu les Sternes hurler une bonne partie de la nuit, le glacier craquer, et pour finir ce matin, il n’y a plus aucunes Sternes. Elles sont toutes parties. Ils sembleraient que les renards aient fait festin. La loi de nature …

Nous voilà parti pour notre rando, nous nous dirigeons en premier lieu vers une montagne, que nous grimperons, mangerons en haut de celle-ci, avec vue sur le glacier, puis nous redescendrons et rejoindrons le glacier par la terre, pour finalement marcher dessus. Le guide est très clair avant, à la file indienne, interdiction de marcher dans la neige fraîche, il faut être prudent au risque de tomber dans une crevasse. Nous le suivons donc à la trace. La vue et la météo sont superbe. Tout est blanc et bleu … magique. Nous rentrerons vers le camp par un col, passerons dans de la neige, de la boue, de l’eau et des cailloux, pour varié un peu. C’est l’avant dernier jour, encore une nuit et demain soir nous rentrons pour Longyearbyen puis pour Paris.

Arrivée au camp nous nous reposons. Apéro. Comme chaque soir. Repas puis rangement puis dodo. Je suis de garde ce soir. 00h 2h je crois. Je passe ma garde à admirer le paysage, à regarder les Sternes et les pingouins qui pêche. Ma garde finie, je réveille le suivant et vais dormir.

Dernier jour. Un bateau viens nous récupérer ce soir à 22h. On part en rando aujourd’hui, et grimpe une dernière montagne afin d’avoir un autre panorama. Cette montagne est niveau difficulté, entre la première et la seconde. Le problème est qu’on a traverser une rivière pieds nu, puis galéré pendant 1h30 dans la toundra marécageuse avant, nous fatiguant un peu avant d’arriver sur les flancs. On grimpe, à chaque pas on se dit que ce soir, on a une douche. Ça parait con, mais 7 jours sans douche, à la fin, ça deviens lourd. On a la peau salée par l’eau de mer, on a de la terre et de la boue un peu partout sur nos fringues, on sent le feu de bois froid. Bref, on a quand même hâte de prendre une douche, malgré le paysage et l’aventure vécue. On arrive en haut de la montagne, déjeune là-haut, puis redescend tranquillement. Il est encore assez tôt, le guide propose un dernier tour de Kayak, à vide. Je n’y suis pas allé, j’avais beaucoup trop froid. La fatigue, le vent perpétuel, la température. J’étais frigorifié. J’ai préféré rester au coin du feu et suis même aller dormir un peu. On prend un dernier apéro tous ensemble, on repli nos bagages et fait un point avec le guide, qui ne rentre pas avec nous. Le stagiaire lui par contre viens et nous raccompagne.

22h. Le bateau arrive dans la baie, le Zodiac arrive sur le plage, chargé de 4 personnes tout beaux tout frais, l’inverse de nous en fait. On les aides à décharger, en express et à la chaîne on recharge nos affaires à nous, on dit au revoir à notre guide puis on embarque dans le zodiac qui prend la direction du bateau qui nous ramènera à Longyearbyen.

La traversé durera 3h30, la mer sera fortement houleuse, la moitié des touristes dessus auront le mal de mer. Ravie de ne pas en avoir fait partie. On arrive à Longyearbyen, il est 1h30 du matin. On décharge le bateau, la camionnette fait des allers-retours entre le port et l’auberge. On arrive finalement encore 1h30 plus tard à l’auberge. On récupère nos gros sacs, et on va prendre une DOUCHE !! Franchement, c’était LE RÊVE !! L’eau était chaude … l’auberge était chauffée …. Après 8 jours à vivre dans le froid et qu’avec de l’eau froide … c’est le nirvana quoi. Je me lave les cheveux, qui sont en une sorte de bun depuis …. Trop longtemps. Bref, je revis et mes muscles se détende un peu sous l’eau chaude, alors qu’ils sont crispé depuis 1 semaine par le froid et l’effort. Après ça je vais dormir, dans un vrai lit, tout doux tout chaud. Omg. Le grand luxe. Je ne me suis pas levée pour le petit déjeuner, c’est mort, j’ai besoin de sommeil. Dernière journée au Svalbard. On se prépare, fait nos sacs, rend les chambres. Le guide nous propose d’aller au musée géologique du Svalbard, de faire un peu de shopping si besoin, de boire une bière, puis de se faire un resto tous ensemble. Adjugé vendu.

Le musée était sympa et intéressant. Après sa fermeture nous avons fait un peu de shopping ou j’ai acheté un headband Svalbard pour le froid de cet hiver en France, et quelques souvenirs pour des amis. Nous sirotons ensuite une bière et se feront une partie de billard ou … ben on a gagné mon binôme et moi. Même si c’est surement grâce à mon binôme. Après ça sur le coup de 20h on va direction le resto. On mange tranquillement. Retourne à l’hôtel attendre encore 2h, puis direction l’aéroport, qui quand on arrive … est fermé ! Ahaha, je n’ai jamais vu un aéroport fermé de toute ma vie. Le personnel arrivera un peu après nous, avant l’avion de 00h30, ouvrira le hall, le check’in etc …

Je m’endors en attendant l’embarquement, on décollera à 2h30 du matin. Comme souvent maintenant sur de tel destination, je n’ai pu m’empêcher de pleurer en regardant l’avion décollé et s’éloigner. Le ciel était superbe et je me suis juré d’y retourner dans les quelques années qui vont suivre. J’ai décrit du mieux que j’ai pu ce voyage, et pourtant, je n’arrive surement pas à retransmettre la moitié des émotions ressenties. On atterrit à Oslo à 5h, et de Oslo reprend un avion pour Paris CDG qui décolle à 8h. J’atterri à Paris à 10h, il fait moche, et dire qu’on m’avait parlé de canicule. J’ai la flemme, je prends le taxi pour rentrer chez moi : j’ai dormi pendant tout le trajet. Arrivée chez moi je range un peu, fait quelques trucs sur PC et vers 16h m’allonge pour « me reposer les yeux quelques minutes ». Tsss. Me suis réveillée en pleine nuit à 2h du matin … Il va être dur le retour à l’heure normal.

A bientôt Arctique <3
Je reviendrai (mieux équipée – GoreTex etc)

By | 2017-07-17T13:37:02+00:00 July 12th, 2017|Categories: Carnets de routes|Tags: , , , , , , , |

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Pauline, informaticienne, photographe, globe trotteuse, lectrice, comparse châtain de Comparse blonde, monteuse vidéos quand motivé. Ce blog recense tous mes voyages, toutes mes photos, les vidéo que j'ai pu faire, ou encore d'autres sujets que je souhaiterais aborder ici et partager avec vous. En vous souhaitant la bienvenue et a bientôt. Cordialement.

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