2017 : Kayak Arctic – From Esmark to Wahlenberg [Log2]

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Raid Kayak en Arctique : Partie 2


Du Glacier Esmark au glacier Wahlenberg

Nous sommes partis le 31 juillet au matin du port de Longyearbyen pour rejoindre l’Isfjord, et précisément, le glacier Esmark, point de départ de notre itinéraire. La traversé jusqu’à Esmark durera 3h environ. Le capitaine du bateau choisit de nous conter l’histoire du Svalbard Norvégien, et de la ville Longyearbyen. Un barbecue sera aussi organisé, où nous dégusterons du saumon, et une autre viande marinée, qui était en fait de la baleine … Mes amis me connaissant vont rire, moi quand je l’ai su, bien que je n’ai pas trouvé ça mauvais … n’en ai surement pas repris, et par ailleurs, je l’aurais su avant, je n’en aurais pas mangé. La traversé continue, c’est assez long, nous sommes impatients d’arrivé.

Durant la traversé et sur demande de notre guide, nous enfilons nos combinaisons polaires + combinaison étanche, avec évidement, nos vêtements en dessous. Nous ne mourrons pas de chaud, nous sommes arrivés au glacier, l’air est frais (euphémisme) et le temps couvert. Ça y est ! Il est temps, tout le monde s’active. Nous attachons les Kayak l’un à l’autre, et au fur et à mesure ceux-ci sont jetés par-dessus bord à l’eau. En parallèle le Zodiac amarré au bateau embarque les différents sacs de 23L individuel contenant nos affaires + les sacs de nourritures + les tentes + tout le matos, qui par la suite sera transporté dans les kayak. Nous faisons une chaîne pour aller plus vite. Les autres personnes du bateau nous observent, sans comprendre, ou ne réalise pas que oui, nous descendons ici. Certains nous prenne en photo, d’autres film, tous les touristes observe choqué … des fou qu’ils doivent penser 😀

Le Zodiac est paré, les Kayaks attachés à ce dernier, nous descendons nous aussi, nous accrochons, et faisons route pour descendre sur la plage qui borde le glacier Esmark. Nous descendons, mettons les pieds dans l’eau (combinaison étanche) et effectivement, nous sentons le froid malgré nos différentes couches, je n’ose imaginer la température de l’eau. Nous re-faisons une chaîne pour tout décharger, une fois tout fini, le Zodiac s’en va, de même que le bateau, nous voilà seul sur la plage ~

Le guide nous demande de rester grouper à l’endroit même où nous sommes, il sort son arme et fait un rapide tour pour vérifier qu’il n’y ait pas d’ours polaire. Ils avaient préalablement vérifié à la jumelle, mais sait-on jamais. Il est … je ne sais pas quelle heure en vrai, fin de matinée je suppose. Nous montons le camp, rangeons un peu, et les guides (l’un est stagiaire et l’autre est le titulaire) prépare le repas du midi. Nous les aidons autant que nous le pouvons. Après notre repas, c’est l’heure de tester le kayak. La majorité des personnes du groupe n’en ont jamais fait, peu importe, le kayak de mer est simple et stable, nous apprendrons les bases et constituerons les équipes durant cette après-midi. Notre terrain d’entrainement sera la baie avec une vue grandiose sur le glacier. Nous irons en kayak au pied du glacier, aussi près que la sécurité le permet, en cas de vêlage du glacier, une sécurité de 200 mètre est à respecter. Le fait de naviguer dans la baie et au pied du glacier est une expérience magique et j’ai hâte de continuer le voyage 😀

Le soir nous nous couchons, je ne sais toujours pas l’heure, quand le guide nous le dit ~ ici pas d’indication de temps, personne n’a pris de montre, excepté les guides, qui se gardent bien de nous la donner. Tout est désormais rythmé à l’heure pingouin, heure donnée par les guides, surement pas la bonne, mais un tempo qu’eux nous donne, et une horloge qu’ils ont réglé à cette “heure” ci. Ils nous rappellent les consignes pour la nuit, le fonctionnement du fusil de détresse, et l’attitude à adopter en cas d’incursion d’ours polaire dans le camp : en gros, réveiller le guide, ne pas courir, ne pas tourner le dos à l’ours, jamais, et lui tirer dessus des fusées de détresse sur l’ours s’il nous approche trop. Lui, le guide est armé, et s’il tire c’est pour tuer en cas de danger imminent. Si notre camp est mis à saque mais nous indemne, on appelle les forces spéciales pour anesthésier l’ours et le déplacer dans les terres. Tuer un ours est considéré comme un homicide, il y a une enquête suite à sa mort, et s’il y a la moindre preuve de non-respect des consignes de sécurités (pas de nourritures, ni rien qui sentent dans les tentes, la nourritures mis à part loin du camp etc), entraînant une approche de l’ours avant son abattage alors il y amende, proportionnelle aux salaires. Ici, ça ne rigole pas, l’ours polaire est protégé et à juste titre. Première “nuit”, premier tour de garde, je stresse, mais cette nuit je peux dormir tranquille, nous sommes assez nombreux pour faire un roulement sur 2 nuit. Sauvée.

Le lendemain je suis réveillée à 8h heure pingouin, en vrai je ne sais toujours pas, et ça n’a pas d’importance. On dort quand on est fatigué, et on part quand on est ok. C’est comme ça que ça marche ici durant les jours polaires. On déjeune près de la tente mess, se prépare, puis on repli le camp. Et c’est là que ça deviens marrant, TOUT doit rentrer dans les kayaks. Le premier chargement à durer 2h, on apprend à optimiser, à occuper TOUT les espaces du kayak, de la pointe aux filets. Bref, on joue à Tetris. Une fois tout chargé, à 6 par kayak, nous les mettons à la mer. Ils pèsent leur poids … surtout l’un qui est plus long que les autres et à un compartiment en plus. Ce kayak sera renommé par le groupe comme “le super tanker”. Un veau à lancer … pffiou, heureusement que c’est pas le mien 😀

Mon binôme et moi avant un kayak normal mais bien chargé tout de même. Tout le monde est à l’eau, nous pagayons en suivant les guides, nous ferons une pause déjeuner sur une plage lambda, avant de rejoindre fin de journée notre second camp dans la baie du glacier de Nansem. Nous aurons parcouru 20km pour rallier les 2 points. Nous arrivons plage en vue et comme d’habitude, consigne de sécurité, le guide débarque quand nous nous restons à l’eau avec les kayaks, il vérifie qu’aucun ours polaire n’est dans le coin, puis nous fait signe de débarquer. Nous débarquons, vidons les kayaks, montons le camp, mangeons, et je suis de garde ce soir … second tout de garde : de 00h – 2h. Durant mon premier tour de garde du séjour j’ai peur, je stresse, et si un ours se pointe ? je dois tirer ? sérieusement ? ça a beau être un fusil à fusée de détresse je n’ai jamais tenu d’arme de ma vie, et j’en ai pas spécialement l’envie d’ailleurs. J’ai peur de devoir la pointer et tirer … pour me calmer j’observe et écoute. Les vagues, les Sternes Arctique, les Pingouins, les Goélands, les Mouettes Arctique (en vrai c’est un autre nom, mais compliqué). J’aperçois un phoque annelé dans l’eau qui fait son curieux. Les sternes piaillent et pêche leurs poissons. J’entends le glacier qui craque, et chacun de ses craquements fait le bruit du tonnerre, le vent souffle, toujours plus fort, je regarde l’aiguille de l’horloge, ça ne passe pas assez vite à mon goût … Ma garde finie par passer finally … et je vais réveiller le suivant pour la relève. A mon tour de dormir, malgré tous les bruits ambiants, je m’endors sans trop de délai.

8 heure, heure pingouin, je me lève et déjeune, me prépare, mais aujourd’hui nous ne prendrons pas la mer, c’est la tempête, impossible de naviguer. Le guide nous emmène en randonnée, et peut être parce qu’on était encore frais, il a choisi la montagne la plus haute et la plus dure à grimper … évidement.

On marche pendant 1h et nous voici face à une rivière bordée de glace et de neige, on regarde pour ne pas se mouiller, impossible, le guide retire chaussures chaussettes et remonte son pantalon, et teste la profondeur, l’eau lui arrive au genoux, il traverse, et nous regarde d’un air … “ok à vous”. On se regarde genre, “euh ok”. On retire nos chaussures et mettons un pied dans l’eau. O-M-G ! On a tous retenu un cri quand on a mis le pied dans l’eau, avoisinant les 0°C soit dit t’en passant … my god que c’est froid, je fais un pas, puis deux, puis traverse, au final je ne sens plus le froid, plus le vent, au final si j’analyse, je ne sens plus grand chose 😀 Je prends même le temps de faire des photo, traverse, remet mes chaussures etc, et on continu la marche à travers la toundra arctique avant d’arriver sur les flancs de la montagnes.

La toundra ahahaha, en vrai c’est comme un marécage, le sol est bossu et spongieux … nous sommes aux printemps, aux Svalbard le sol ne se décongèle que sur 20 cm, l’eau n’est pas absorbée et reste en surface créant un sorte d’éponge. Je passe relativement bien sans trop m’enfoncer, certains plus lourd s’enfonce à chaque pas jusqu’à la cheville voir plus. Le secret est de marcher sur les touffes ou les cailloux, omniprésent sur le Svalbard. D’ailleurs, nous arrivons sur les flancs de la montagne. Ahah, montagne, en fait, c’est un amas de cailloux, qui tiens grâce au gel et à la neige. On commence à grimper, comment vous dire que c’est désagréable de grimper sur des trucs qui s’effrite sous vos pieds. L’angle de grimpe deviens hardcore, 45°, vous verrez dans l’album lié une photo d’une pente et l’horizon à coté … ben c’était ça. On grimpe pendant près d’1h30, on est presque à 4 pattes afin de ne pas tomber en arrière. Le paysage est à couper le souffle, mais honnêtement la grimpe suffit à me le couper …

Je fini par arriver en haut, la vue est … on a une vue plongeante sur les glaciers jumeaux de Bore d’un côté, et le glacier Nansem de l’autre. Nous déjeunons en haut avec cette vue imprenable puis redescendons doucement, via un autre chemin, aux travers de toundra, nous rejoindrons le camp. Repas puis tour de garde, de 2h à 4h cette fois, pfff, j’ai froid, je stresse, un peu moins. Mon tour de garde passe, le vent s’est calmé, je vais me coucher.

Réveil pingouin, la mer est toujours agitée mais moins et le guide décide de lever le camp. Nous remballons tout et partons. Nous mettons les kayaks à la mer alors que les vagues nous rabatte, nous prenons un peu beaucoup l’eau au départ, le kayak est lourd et l’avant un peu trop chargé par rapport aux autres semble-t-il. Le nez du kayak ne se soulève pas sur les vagues, il passe au travers ~ notre kayak sera désormais renommé. Après le “super tanker”, il y a maintenant “le brise-lame”. Je gère le gouvernail, comme depuis le début, mais là je galère un peu. Le Kayak est chargé, je n’aime pas taper les vagues par l’horizontale j’ai peur que le kayak ne se retourne, je les prends de front ou en diagonale. On parcourt ainsi contre vent et marée (au sens propre) entre 20km et 30 km jusqu’au prochain camp, à proximité du glacier de Wahlenberg. Le guide refuse de s’arrêter avant, la météo des jours prochains annonce tempête, il sait que nous serons encore bloqués 2 jours et préfère parcourir le plus de distance possible. Wahlenberg est à proximité de Svéa, le glacier final du parcours

By | 2017-07-13T15:47:40+00:00 July 12th, 2017|Categories: Carnets de routes|Tags: , , , , , , , |

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Pauline, informaticienne, photographe, globe trotteuse, lectrice, comparse châtain de Comparse blonde, monteuse vidéos quand j'ai la motivation. Ce blog qui est le mien, recense tous mes voyages et toutes mes photos, ainsi que les vidéo que j'ai pu faire, ou encore d'autres sujets que je souhaitais aborder ici et partager avec vous. En vous souhaitant la bienvenue et a bientôt. Cordialement.

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